Le talc : cancérogène ?

Le talc, un minéral naturel couramment utilisé dans les produits cosmétiques et pour apaiser les irritations cutanées des bébés, est de nouveau sous les projecteurs. Vendredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a classé comme probablement cancérogène.

Par Thomas Kassab, publié le 07 juillet 2024

Le talc : cancérogène ?

Les experts du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), réunis à Lyon, ont publié leurs conclusions dans la revue The Lancet Oncology. Ils ont déterminé que le talc, extrait dans diverses régions du monde, présente un risque « probablement cancérogène » pour l’homme, basé sur des preuves limitées de cancer de l’ovaire chez l’être humain et suffisantes chez les animaux de laboratoire.

Exposition professionnelle

Les experts indiquent que l’exposition au talc se produit principalement en milieu professionnel, lors de son extraction, broyage, traitement ou fabrication de produits en contenant. Pour le grand public, l’exposition se fait surtout par l’utilisation de cosmétiques et poudres corporelles à base de talc.

Cependant, ils soulignent certains biais possibles dans les études montrant une augmentation du risque de cancer. Bien que l’évaluation ait porté sur le talc sans amiante, la contamination par l’amiante ne pouvait être exclue dans la plupart des études humaines.

Une inquiétude de longue date

En juin, Johnson & Johnson a conclu un accord définitif avec la justice de 42 États américains concernant des allégations de cancers liés au talc. Une synthèse d’études de janvier 2020, portant sur 250 000 femmes aux États-Unis, n’avait pas trouvé de lien statistique entre l’usage de talc sur les parties génitales et le cancer de l’ovaire.

Depuis les années 1970, des préoccupations existent quant à la contamination du talc par l’amiante, souvent proche dans la nature. Des études ultérieures ont suggéré un risque accru de cancer de l’ovaire chez les utilisatrices de talc.

L’acrylonitrile également concerné

L’OMS a également classé l’acrylonitrile, un composé volatil utilisé dans la production de polymères, comme cancérogène pour l’homme. Cette classification repose sur des preuves suffisantes de cancer du poumon et limitées de cancer de la vessie. Utilisé dans la fabrication de fibres textiles, tapis, plastiques et pièces automobiles, l’acrylonitrile est également présent dans la fumée de cigarette et la pollution de l’air.

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