Destruction massive des médicaments anti-COVID au Japon.

Le gouvernement japonais prévoit de détruire 77 % des médicaments oraux contre le COVID-19 qu'il a acquis durant la pandémie. Une large quantité de ces médicaments, achetés pour des millions de personnes, reste inutilisée, représentant une perte financière colossale. Cette situation soulève des questions cruciales sur la gestion des stocks médicaux en période de crise et les leçons à tirer pour éviter de telles pertes à l'avenir.

Par Thomas Kassab, publié le 20 mai 2024

Destruction massive des médicaments anti-COVID au Japon.

Le gaspillage médicamenteux en chiffres.

Le gouvernement japonais se prépare à détruire 77 % des médicaments oraux contre la COVID-19 qu’il avait achetés pendant la pandémie. D’après les données gouvernementales, sur les traitements achetés pour 5,6 millions de personnes, ceux pour 4,3 millions de personnes n’ont pas été utilisés. La valeur totale des médicaments à détruire est estimée à 300 milliards de yens (1,93 milliard de dollars).

La problématique de la gestion des stocks.

Les médicaments concernés comprennent les comprimés Xocova produits par Shionogi & Co., les capsules Lagevrio de Merck & Co. et les comprimés Paxlovid de Pfizer Inc. Ces médicaments avaient été mis à disposition pour des situations d’urgence, mais depuis que la COVID-19 a été reclassé au même niveau que la grippe saisonnière en mai de l’année dernière, leur utilisation a considérablement diminué.

Ataru Igarashi, professeur spécialisé en pharmaco-économie à l’Université de Tokyo, souligne la difficulté de prédire avec précision les quantités de médicaments nécessaires dans une situation en évolution rapide. ” Une pénurie de médicaments mettrait la santé des gens en danger, tandis qu’un excédent entraîne des pertes financières. Il est essentiel de débattre sur les marges de tolérance pour éviter de telles situations à l’avenir,” déclare-t-il.

Conséquences et leçons à tirer.

Le cas japonais met en lumière la complexité de la gestion des stocks de médicaments en période de crise. Les données montrent que, jusqu’à fin mars, le Japon disposait encore de traitements pour 1,77 million de personnes avec Xocova, 780 000 personnes avec Lagevrio, et 1,75 million de personnes avec Paxlovid. Les prix de ces médicaments étaient respectivement de 52 000 yens, 94 000 yens et 99 000 yens par personne.

En outre, le Japon a déjà détruit 240 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 après avoir annulé certains contrats d’achat, ce qui représente une perte supplémentaire de 665,3 milliards de yens. Cette situation met en évidence l’importance d’une planification rigoureuse et adaptable pour éviter le gaspillage et optimiser l’utilisation des ressources en temps de pandémie.

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