Activité des officines : croissance dispersée

En 2021, l'effet d'aubaine de la crise sanitaire a été inégal selon les officines. Sur le plan économique, la plupart des pharmacies ont surfé sur la vague du Covid-19, à l'exception de celles qui n'étaient pas équipées pour réaliser les nouvelles missions pharmaceutiques.

Jacques Nadel , publié le 10 avril 2022

Activité des officines : croissance dispersée

Cela ne surprendra personne. L’année 2021 conforte l’évolution d’activité des officines constatée en 2020, en beaucoup plus marquée avec le bénéfice de l’effet d’aubaine de la vaccination contre le Covid-19 et des tests antigéniques. Ces nouveaux services contribuent pour 1,7 % de croissance au sein d’une progression de chiffre d’affaires global en moyenne de 6,36 % l’an dernier pour les 1 794 officines analysées dans les statistiques du groupement d’experts-comptables CGP (Conseil Gestion Pharmacie). Soit la plus forte progression jamais enregistrée depuis 20 ans, qui sera encore plus élevée avec les bilans clôturés sur l’année civile. En effet, ce taux de croissance annuelle ne prend pas en compte l’impact d’un quatrième trimestre exceptionnel dont un mois de décembre à +16,83 %.

Cette croissance n’est pas entièrement due au Covid, le mérite en revient aussi à l’envolée des médicaments chers dont le PFHT est supérieur à 1 930 € (+27 %), à la hausse des prescriptions (+4 %) et à l’irrésistible ascension des honoraires de dispensation qui représentent environ 10 % du CA global, près de 60 % de la marge sur le médicament remboursable et 30 % de la marge brute globale (toutes activités confondues) qui pointe en moyenne à 651,1 k€ (+48,2 k€, +8 % par rapport à 2020).

 

Une année exceptionnelle

Cette évolution du chiffre d’affaires est également marquée par d’importantes disparités d’une officine à l’autre. Malgré cette année de forte croissance, le CA de 18 % des officines de l’échantillon CGP est en baisse, sans pouvoir dégager un profil particulier. En effet, toutes les catégories progressent, quelle que soit leur situation géographique ou leur taille. On peut donc supposer qu’il s’agit de celles qui ne parviennent pas à passer le cap des nouvelles missions.

L’évolution de l’excédent brut d’exploitation (EBE) confirme que l’année écoulée a été une année d’exception, avec une évolution significative de +33 200 € à 279,1 k€ par pharmacie, grâce à la réalisation des tests antigéniques. Hors tests, il aurait progressé d’environ 5 000 €. Toutefois, toutes les officines n’ont pas profité de ce ballon d’oxygène. Celles de moins d’un million d’euros reculent en EBE (en moyenne -3 500 €) et payent un lourd tribut au manque de locaux et de personnel pour mener les missions Covid.

 

Charges salariales en hausse

La volatilité des performances actuelles liées à la crise sanitaire est un point d’inquiétude. Une fois que cette activité aura disparu, il ne restera que la hausse structurelle des charges de personnel (+4,90 %, +10 000 € en moyenne par pharmacie en 2021). En effet, les difficultés de recrutement, le renforcement des compétences nécessaires aux nouvelles missions et la réforme de la formation des préparateurs entraîneront, à n’en pas douter, une hausse significative de la masse salariale dans les prochaines années.

 

En détail

Croissance du CA par taux de TVA : +4,80 % (TVA 2,10 %), +3,76 % (TVA 5,5%), +1,30% (TVA 10%) et +5,51 % (TVA 20 %).

Poids des médicaments chers (PFHT > à 150 €) : 474,1 k€ (+16,2 % par rapport à 2020), part de 32,1 % dans le CA HT à 2,1 %.

L’apport en marge des tests antigéniques : 31 000 € en moyenne (entre 50 000 et 60 000 € par pharmacie si l’on ne tient pas compte du tiers des pharmacies qui n’ont pas réalisé de tests).