Révolution pour les diabétiques de type 1

Boucle fermée hybride

La prise en charge des patients diabétiques sous insuline est en passe d’être bouleversée par l’arrivée des « boucles fermées hybrides », des systèmes automatisés de délivrance d’insuline.

Publié le 08 novembre 2021

Révolution pour les diabétiques de type 1

Mises en place à l’hôpital, le suivi et l’accompagnement des patients sont assurés par les pharmaciens d’officine. La boucle fermée est une innovation majeure pour les patients diabétiques de type 1. Elle est composée d’une pompe à insuline associée à un capteur pour la surveillance continue de la glycémie et à un algorithme d’intelligence artificielle. « La pompe utilise les données des capteurs de glycémie pour adapter les doses d’insuline distribuées par la pompe dans l’objectif de maintenir la glycémie au niveau le plus proche de la normale au cours de la journée. Attention, l’injection d’un bolus d’insuline reste nécessaire au moment de chaque repas. L’amélioration des techniques permettra peut-être de les suspendre à terme » souligne le Pr Bruno Vergès, Chef de Service d’endocrinologie et de diabétologie du CHU de Dijon. Les patients diabétiques de type 1 qui en ont déjà bénéficié lors des études cliniques ont constaté une nette amélioration avec une glycémie cible dans la fourchette visée de 0,7 à 1,8 g/l et une diminution des hyper- et hypoglycémies, en particuliers nocturnes. « Les patients visés sont ceux qui sont concernés par le remboursement c’est-à-dire ceux dont l’HbA1c est supérieure à 8% et qui utilisent une pompe à insuline depuis plus de 6 mois. Ils seraient environ 7000 » indique le Pr Vergès.
Diabeloop a lancé le DBLG1 System, premier système en boucle fermée hybride disponible en France et pris en charge par l’Assurance maladie (voir aussi Profession Pharmacien n°168 de novembre 2021). Une convention a été signée pour son remboursement depuis le 29 septembre 2021.
« Deux autres sont en développement, précise Bruno Vergès : TSlim de Tandem et le système Minimed de Medtronic ».

 

Quelle place pour les pharmaciens ?

Les centres initiateurs hospitaliers éduquent les patients éligibles à ce nouveau dispositif lors de quelques jours d’hospitalisation. « Les patients doivent changer leurs habitudes, même ceux déjà utilisateurs de pompes à insuline qui doivent lâcher prise » insiste Bruno Vergès. Le patient choisit le prestataire qui s’occupe ensuite du suivi en ville. « Le pharmacien est le professionnel de santé de proximité qui connait déjà bien le patient auquel il délivre tous les mois dispositifs de surveillance de la glycémie et insuline » constate le spécialiste en diabétologie. « Les pharmaciens sont présents auprès de ces patients chroniques. Ce système diminue la charge mentale liée à l’insulinothérapie. C’est une véritable avancée » surenchérit Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO, syndicat partenaire de la mise en œuvre de ce process accessible à toutes les officines. « L’inclusion dans ce processus facilite le lien ville/hôpital pour la prise en charge des patients diabétiques de type 1. Près de 600 pharmaciens sont déjà formés sur les pompes à insuline » ajoute Pierre-Olivier Variot.
Timkl, start-up iséroise, assure le support technique, les astreintes 24 heures sur 24, la formation des pharmaciens par un réseau de dix-huit infirmières expertes réparties dans toute la France. Timkl fournit également les consommables au pharmacien. « Nous gérons tout le back-office et coordonnons les parties technique, médicale et pharmaceutique, pour que le pharmacien puisse se consacrer à la relation d’accompagnement du patient », explique Philippe Montaner, président de Timkl.
Timkl gère la prestation remboursée par l’Assurance maladie dans le cadre de la LPP. Le forfait journalier comprend l’achat du matériel et des consommables, la rémunération de Timkl et celle du pharmacien. « Timkl se charge de centraliser tous les achats, envoie une box mensuelle au pharmacien pour chaque patient pris en charge et répartit la rémunération selon les services réalisés » énumère Philippe Montaner. « Le pharmacien est rémunéré 500 euros par an pour un entretien de suivi d’une vingtaine de minutes tous les mois, deux visites d’une heure et des comptes-rendus pour l’équipe médicale » détaille le président de l’USPO.
Lundi 8 novembre, le premier patient est équipé dans une officine francilienne. Le premier d’une longue série ?

 

Juliette Schenckéry