Le selfcare marque le pas

Baromètre Afipa 2019

L’automédication est en perte de vitesse mais le marché du selfcare* est porté par les dispositifs médicaux et les compléments alimentaires. L’Afipa œuvre pour développer le « réflexe pharmacie ».

Publié le 13 février 2020

Le selfcare marque le pas

Le marché du self care, stable, a généré au total en 2019 un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros (PP TTC), selon les données OpenHealth pour le Baromètre 2019 de l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable). Ce marché représente environ 10% du CA moyen d’une officine.
Les médicaments d’automédication ont perdu 4% par rapport à 2018 à 2,1 Mds€, une baisse compensée par les belles performances des compléments alimentaires (+5,6% à 988 M€) et des dispositifs médicaux (+5,6% à 643 M€).
Sur le marché total du self care, deux principaux domaines thérapeutiques sont en croissance : confort digestif et sommeil/détente. Les trois premières aires (voies respiratoires, confort digestif et antalgie) représentent 40% du CA.

 

L’automédication en décroissance

Les prix pour les patients ont très peu évolué : +0,5% entre 2015 et 2019 pour l’automédication et +1,9% pour l’ensemble du self care.
« Le marché marque une pause, les prix sont contenus, mais nous constatons une exception française avec un faible développement de l’automédication malgré une augmentation des dépenses dues aux médicaments, contrairement à ce qui se passe dans les autres pays européens » constate Christophe de la Fouchardière, président de l’Afipa depuis avril 2019,
Il annonce que l’association travaille à la conception d’un parcours d’automédication responsable afin de soutenir l’accès aux soins de premiers recours dans les officines. « Afin de développer le « réflexe pharmacien » dans la population pour la prise en charge des affections courantes » explique Luc Besançon, délégué général depuis janvier 2019. Ce parcours s’appuierait sur l’utilisation par l’équipe officinale d’arbres décisionnels à construire avec des sociétés savantes. Un projet initié depuis plusieurs années par l’Afipa.
Une phase pilote sur deux indications (rhume/nez bouché et allergies) testera la faisabilité de ces process et permettra de mesurer l’impact économique et organisationnel. « Nous souhaitons aussi promouvoir l’inscription systématique de chaque dispensation de produits du selfcare dans le dossier pharmaceutique afin de sécuriser la dispensation » ajoute Luc Besançon.
*Le self care réunit les médicaments à prescription médicale facultative (57%), les compléments alimentaires (27%) et les dispositifs médicaux (16%) vendus en officine

Juliette Schenckéry