Lever les freins

Vaccination antigrippale

Pédagogie et communication sont de mise pour inciter les personnes qui passent encore à travers les mailles du filet de la vaccination antigrippale et qui sont pourtant à risque.

Publié le 17 octobre 2019

Lever les freins

Sont particulièrement concernés les femmes enceintes, l’entourage des personnes fragilisées (nourrissons, personnes très âgées, immunodéprimés…), les personnes obèses (IMC>40), les patients avec une affection respiratoire, cardiovasculaire ou un déficit immunitaire.

 

Treize millions de Français reçoivent un bon de prise en charge pour la vaccination antigrippale. Cette année, les pharmaciens s’ajoutent aux professionnels de santé (médecin, infirmier, sage-femme) qui peuvent pratiquer l’injection. Un moyen de simplifier l’accès à cette vaccination et donc d’augmenter la couverture vaccinale. Encore faut-il que les patients soient motivés. Moins d’une personne sur deux considérée comme fragile est vaccinée même si les Français savent que la maladie peut être grave et qu’il est nécessaire de se faire vacciner tous les ans, selon une enquête BVA de septembre 2018 . Pourtant l’an dernier l’épidémie de grippe a touché plusieurs millions de personnes et a conduit à 10 700 hospitalisations et 9900 décès.
Lutter contre les idées reçues est le premier rôle des professionnels de santé, au premier rang desquels les pharmaciens. Ceux-ci sont en effet en prise directe avec les patients qui échappent à des rendez-vous fréquents avec leur généraliste comme par exemple les jeunes séniors à partir de 65 ans. Voici quelques réponses aux freins les plus fréquents.
Oui le vaccin antigrippal est le premier geste de protection contre le virus de la grippe et il ne présente aucun danger pour la santé. « Il est important de rassurer les patients sur l’innocuité du vaccin contre la grippe », insiste le Pr Lina.

 

Oui le vaccin n’est pas efficace à 100%, « plutôt à 65% » estime le Pr Bruno Lina, chef de service virologie à Lyon et directeur du Centre national de référence sur les virus respiratoires qui ajoute « mais il prévient les complications, diminue l’intensité des symptômes et la durée de l’infection ».
Oui le vaccin est moins efficace chez les personnes âgées en raison d’une « immunosénescence » mais ses bénéfices restent importants.
Non, le vaccin ne donne pas la grippe.

 

Oui la grippe augmente le risque de fausse couche et d’accouchement prématuré. Actuellement seulement 7% des femmes enceintes sont vaccinées ; or la grippe peut être à l’origine de complications graves lors de la grossesse. Argument supplémentaire, vacciner la mère permet un passage des anticorps au fœtus ce qui confère au bébé une immunité pendant ses 6 premiers mois.
Non, le vaccin n’est pas inefficace, mais il existe de nombreux virus différents qui ne sont pas toujours pris en compte dans le vaccin. Et
Oui il faut compter une quinzaine de jours pour que l’immunité se développe. Il faut donc réaliser l’injection avant le début de l’épidémie.
Oui c’est quand on est en bonne santé qu’il faut se faire vacciner car les personnes ciblées par la prise en charge sont plus vulnérables face au virus et aux complications de la grippe.
Les arguments sont personnels pour éviter la maladie et en particulier ses complications mais aussi altruistes pour ne pas contaminer son entourage fragile et limiter la circulation des virus. Les professionnels de santé peuvent éditer, des bons de prise en charge sur le site amelipro pour les proches qui souhaitent se faire vacciner.
Et, avec ou sans vaccination en période épidémique, le Pr Bruno Lina recommande de promouvoir les mesures barrière : lavage fréquent des mains, tousser ou éternuer dans son coude, utilisation de mouchoirs à usage unique, port d’un masque jetable en cas d’infection hivernale.

 

Les infos de l’Assurance maladie

L’Assurance maladie propose sur le site ameli.fr un mémo sur la facturation du vaccin contre la grippe saisonnière et de son injection.
Et  toutes les informations sur la campagne de vaccination.

 

La gestion des déchets avec DASTRI

Les syndicats de pharmaciens et l’éco-organisme DASTRI viennent de signer une convention sur la collecte des déchets perforants issus de la pratique de la vaccination antigrippale à l’officine. Elle sera assurée gratuitement dans les quelques 17 000 officines déjà membres de son réseau. Les autres devront déposer les boîtes à aiguilles jaunes dans les déchetteries.
Lors de l’expérimentation ces dernières années, les officines produisaient un volume de déchets de moins de 2 litres, soit une boîte à aiguilles et l’équivalent d’une centaine de vaccins.

 

J. S.

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