Diagnostic délicat de la Borréliose de Lyme

Biologie médicale

Le diagnostic ne serait confirmé que chez moins de 10% des patients consultant pour borréliose de Lyme présumée, selon une étude du BEH.

Publié le 21 mai 2019

Diagnostic délicat de la Borréliose de Lyme

Dans le cadre de la polémique autour des recommandations sur la prise en charge de la Borréliose de Lyme, le BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire) publie une étude  mettant en évidence avec une approche holistique que le diagnostic est confirmé chez moins de 10% des patients consultant pour borréliose de Lyme présumée.

Cette étude a été réalisée sur 301 patients consultant dans un hôpital universitaire parisien de janvier 2014 à décembre 2017 pour une Borréliose de Lyme présumée. 91% d’entre eux avaient été exposés à des morsures de tiques et 54% effectivement piqués par une tique. A la consultation initiale, la moitié des patients avaient déjà été traités par au moins une cure d’anti-infectieux (maximum 22), pendant 34 jours en médiane (extrême de 28-730). Le diagnostic de Borréliose de Lyme a été confirmé chez moins de 10% des sujets. Le traitement présomptif administré avait échoué chez plus de 80% des patients pour lesquels il était indiqué. Enfin, 80% des patients ont été diagnostiqués avec une autre maladie (psychologique, rhumatologique, neurologique ou autre). Les auteurs concluent sur l’importance pour les autorités sanitaires de se pencher, « à l’heure du bon usage des antibiotiques », sur les phénomènes de sur-diagnostic et de sur-traitement de la Borréliose de Lyme.

Cette étude publiée en septembre 2018 dans la revue Clinical Infectious Diseases* présente quelques limites comme le fait de ne pas être multicentrique. De plus, l’estimation du sur-diagnostic et surtraitement n’est pas inédite. « Des résultats du même ordre de grandeur ont été obtenus dans d’autres études en France et à l’étranger, mais en proportion moindre à l’étranger » précise Jean-Claude Desenclos, directeur scientifique, adjoint au directeur général, santé publique France dans son éditorial. Il appelle, « sur la base de ces résultats obtenus par plusieurs équipes médicales expérimentées » à « réconcilier les aspirations et revendications des malades, dont la souffrance est réelle, et la pratique médicale basée sur les évidences scientifiques » et insiste sur la dimension éthique qui « doit aussi devenir un élément fort du débat » comme c’est le cas aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années.

*Haddad E, Chabane K, Jaureguiberry S, Monsel G, Pourcher V, Caumes E. Holistic approach in patients with presumed Lyme borreliosis leads to less than 10% of confirmation and more than 80% of antibiotics failure. Clin Infect Dis 2018.

N. B-S.

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