L’Autorité de la concurrence secoue la pharmacie

Avis de l’Autorité de la concurrence

L’Avis de l’Autorité de la concurrence sur la distribution du médicament est, enfin, publié aujourd’hui, jeudi 4 avril 2019. L’officine est une nouvelle fois malmenée... avec quelques pistes d’assouplissement. Les acteurs du secteur sont déjà vent debout contre ces propositions.

Publié le 04 avril 2019

L’Autorité de la concurrence secoue la pharmacie

Côté positif l’Autorité de la concurrence affirme soutenir les nouvelles missions des pharmaciens et insiste sur l’octroi d’une rémunération adaptée et incitative. Elle incite à remédier aux inégalités des conditions de concurrence entre sites internet de vente de médicament au niveau européen et à clarifier l’encadrement de la publicité émise par les officines. Enfin, elle souhaite réserver le monopole de dispensation des médicaments aux pharmaciens… mais pas obligatoirement à l’officine !

Inquiétant donc, elle envisage un assouplissement partiel et encadré du monopole officinal, autorisant la dispensation en grande et moyenne surfaces, dans un espace dédié.
Et elle revient, encore une fois, sur les règles de détention du capital des officines avec plusieurs scenarii pour diversifier les possibilités d’ouverture du capital des officines avec une augmentation du nombre des participations (minoritaires ou majoritaires) de pharmaciens ou une ouverture à des investisseurs extérieurs (minoritaires ou majoritaires), tout en garantissant l’indépendance du pharmacien et en prévenant les conflits d’intérêt.

L’Autorité de la concurrence s’est également penchée sur le modèle fragilisé des grossistes-répartiteurs et sur les possibilités de modernisation des laboratoires de biologie médicale.
Les représentants des pharmaciens d’officine* ont réagi dès le 1er avril en dénonçant un « copié-collé du précédent rapport publié en décembre 2013 ». Attaque dont se défend Isabelle De Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence (photo) « nous avons réexaminé les différentes questions dans l’intérêt du patient et de la santé publique et avons effectué des comparatifs avec la situation dans les autres pays européens. Nous pensons que les choses évoluent et quand une idée est bonne nous la reproposons ». Pas sûr que les officinaux soient d’accord !

* Philippe Besset (FSPF), Gilles Bonnefond (USPO), Albin Dumas (APR), Christian Grenier (Federgy), Laurent Filoche (UDGPO), Pascal Louis (CNGPO), Robin Tocqueville-Perrier (Anepf)

Pour lire la synthèse de cet Avis

J. S.

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