« Favoriser le travail en interpro »

Etudiants

L’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf) s’associe à la réforme du système de santé et présente 67 propositions concrètes selon quatre axes. Guillaume Racle, vice-président en charge des perspectives professionnelles détaille les plus emblématiques.

Publié le 20 février 2019

« Favoriser le travail en interpro »

Comment avez-vous réalisé cette contribution à « Ma santé 2022 » ?

Nous avons recueilli les contributions des étudiants lors de table-rondes et ateliers organisés par les associations locales et lors de réunions nationales de l’Anepf. L’ensemble du bureau national a sondé les étudiants puis rédigé cette contribution qui continue d’évoluer.
Quels en sont les grands thèmes ?
Les propositions s’organisent en quatre grands axes qui reprennent ceux du gouvernement : la prévention avec 19 propositions, l’offre de soins dans les territoires (21 items), le numérique (16 projets) et la qualité et la pertinence des soins au cœur des modes de financement (11 suggestions).

 

Quelles sont les propositions les plus marquantes ?

Les 67 seront développées au fur et à mesure de nos rendez-vous et échanges avec les acteurs de la profession. Pour commencer nous en avons choisi cinq que nous portons en rendez-vous, notamment devant la Commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale sur la Loi de santé qui vient de nous recevoir.
Tout d’abord, comme évoqué dans la loi de financement de la sécurité sociale, nous souhaitons le développement d’une dispensation sous protocole de certains médicaments sur prescription afin de résoudre les problèmes d’accès aux soins non programmés, dans le cadre d’un exercice coordonné entre professionnels de santé. Nous y avons d’ailleurs travaillé avec l’Association des étudiants en médecine (Anemf).
Dans le domaine de la prévention et le dépistage, améliorer l’accès aux TROD (tests rapides d’orientation diagnostique) VIH et VHC dans le cadre du parcours de soin avec un accompagnement par le pharmacien est un enjeu de santé publique.

 

Et concernant les outils numériques ?

Le Dossier pharmaceutique (DP) devrait s’intégrer au dossier médical partagé (DMP) afin d’en enrichir la partie médicaments.
Une permanence de téléconsultation en pharmacie pourrait s’organiser avec des médecins de garde. Et en parallèle, les officinaux devraient pouvoir assurer des « télé soins » pour des demandes de conseil en cas d’incompréhension du traitement ou d’effets indésirables.
Labelliser et rembourser les objets connectés et/ou les applications ayant une véritable pertinence clinique permettrait aussi d’intégrer toutes les données sur une plateforme numérique patient pour en garantir la sécurité.

 

Quelles synergies prévoyez-vous entre professionnels de santé ?

Elles sont nombreuses. Au regard des nombreuses ruptures actuelles, la possibilité protocolisée et légale de substituer par un autre médicament, en accord avec le prescripteur, pour assurer la continuité du traitement apparait comme une mesure urgente.
Et nous aimerions que des Cercles de qualité, selon l’exemple suisse, se mettent en place. Ils formalisent des temps de travail en coopération entre professionnels de santé pour évaluer les pratiques et la pertinence des prises en charge. Ils ont fait la preuve de leur efficacité pour augmenter l’efficience des prescriptions.

 

Comment comptez-vous porter ces propositions ?

Nous les avons remises au Ministère de la santé et à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ainsi qu’à des parlementaires. Nous travaillons également avec les représentants des pharmaciens : Ordre, syndicats…

 

Colère concernant la réforme des études de santé

Les associations d’étudiants s’inquiètent de l’absence d’action du Ministère pour la mise en place des futurs DES (Diplômes d’études spécialisées) pharmaceutiques : pharmacie hospitalière, sciences pharmaceutiques et recherche, industrie, pratique officinale. Cette réforme du 3ème cycle est initiée depuis 2016 or les textes réglementaires qui doivent l’encadrer ne sont toujours pas sortis. FNSIP-BM, SNPHPU, Anepf et Synprefh exhortent les ministres à clore ce sujet dans la perspective de l’accompagnement des futures générations de pharmaciens vers leurs nouvelles missions.

Propos recueillis par Juliette Schenckéry

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